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Ces filles qui nous inspirent.

Mère de trois filles, tante de trois nièces, et enseignante depuis vingt ans, je suis entourée en permanence de grandes et de petites filles – mais existe-t-il vraiment des petites filles ? Elles sont pour moi une source inépuisable d’inspiration et souvent même d’admiration. J’aime à les voir, jour après jour, s’inventer elles-mêmes et inventer le monde dans lequel elles s’épanouiront.

Ma filleule Juliette a fêté hier ses 17 ans. En guise de cadeau arrivé un peu tard, voici quelques mots d’une fille à une autre, par-delà les générations, en pensant à toutes celles qui m’entourent, qui m’accompagnent et que j’accompagne, qui grandissent sous mes yeux, toutes ces filles qu’il faut soutenir aujourd’hui pour qu’elles soient les femmes fortes de demain.

L’histoire d’une fille qui retient sa respiration

Juliette a une façon bien à elle de parler de la natation synchronisée : “C’est le seul sport où tu te fais engueuler parce que tu as respiré”.

Médaillée de bronze aux championnats de France 2017, elle sait de quoi elle parle.
Ce sport, c’est tout un univers, qui étonne d’abord par son aspect bling-bling : maillots de bain brillants, paillettes en surpiqûre, maquillage waterproof, chignon serré enduit de gélatine de porc, sourire en permanence scotché sur le visage, qu’on soit en forme, fatiguée ou même au bord de l’asphyxie.
Voilà pour la scène.

Côté coulisses, c’est beaucoup moins glamour et beaucoup plus martial. Des heures et des heures d’entraînement au bord du bassin : échauffement, étirements, assouplissements, renforcement musculaire. Puis des heures et des heures dans le bassin, de préférence la tête sous l’eau : longueurs, largeurs, apnée, répétitions en groupe. La première qui vomit dans la piscine a perdu !

Le très beau documentaire du canadien Jeremie Battaglia « Parfaites » présentant l’équipe nationale canadienne, en 2017, et plus récemment la comédie “Le grand bain” de Gilles Lellouche sur la version masculine de ce sport, ont contribué à faire un peu tomber les préjugés dont souffre injustement cette discipline si exigeante.

Il paraît que cela s’appelle dorénavant la natation artistique. Comme le patinage, en fait. Et le duo mixte vient d’être homologué pour les prochains JO. Un boulevard s’ouvre à ces messieurs !

Sirène et guerrière

En attendant que les hommes, sans crainte de mettre en danger une certaine conception qu’on leur a inculquée de la virilité, investissent ce sport exigeant, qui cache bien son jeu sous le strass, le maquillage et les sourires, je redis ici la complète admiration que j’éprouve pour ces nageuses de l’extrême, pour ma filleule en particulier. Elles sont pour moi le symbole du combat que mènent toutes les filles qui nous entourent, et qui avec envie, énergie et ténacité, tracent dans la vie un chemin que je leur souhaite lumineux et serein, car c’est nous tous et toutes qui avons à y gagner, collectivement.

Ma Juju, ma filleule, née luciole à la peau blanche et grandes joues lisses, aux boucles transparentes à force d’être claires, aux yeux miroir dont le tain toujours pétille, sans cesse inquiète et aimante sans cesse, parfois tombée et toujours relevée, amie, sœur, cousine, fille, petite-fille, arrière-petite-fille, aujourd’hui devenue grande perche et belle sirène, lycéenne, déléguée de classe, nageuse en eaux chlorées, admirable de ténacité, toujours inquiète et aimante toujours, et toujours rayonnante, elle saura, guerrière, car j’y veillerai et qu’elle y veillera, trouver sa place ou l’inventer.

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