Conseil municipal Rennes

La démocratie de proximité, un enjeu vital !

2 Rennais sur 3 ont choisi de ne pas voter aux élections municipales de juin 2020. Comment renouer le dialogue et la confiance, en s’appuyant sur l’échelle du quartier ?

Voir la vidéo de l’intervention

10 juillet 2020

Mme la Maire, chers collègues,

Nous nous apprêtons à voter le périmètre des quartiers administratifs de la ville de Rennes. Votre proposition faite est de reconduire à l’identique les douze quartiers.
Autrement dit le statu quo, alors que notre ville poursuit sa mutation sous nos yeux. Elle se densifie, accueille de nouveaux publics, renouvèle sa relation aux territoires voisins et aux territoires lointains. En certains endroits sortent de terre ex nihilo des zones entières d’habitations et d’activités.
Et il faudrait n’en pas tenir compte ?
« La forme d’une ville change plus vite, hélas, que le cœur d’un mortel ! »
Si Baudelaire peut se permettre de rêver à une ville immuable, il est de notre devoir, à nous autres élus municipaux qui traçons la voie de l’administration quotidienne, de prendre la mesure des métamorphoses que connaît notre ville et de nous y adapter.
Notre territoire se transforme. Il faut aussi en transformer la carte.

Un exemple pour illustrer mon propos : le quartier administratif numéro 2.
Le découpage actuel le fait démarrer au nord, au niveau de la rue de Fougère et du quartier Sévigné. Puis il descend vers le Thabor, ensuite vers Saint-Hélier. Il part à l’est vers Alphonse Guérin, le long de la Promenade des Bonnets rouges. Il englobe le nouveau quartier Baud-Chardonnet. Et il s’étire finalement jusque vers la plaine de Baud à la limite de Cesson-Sévigné.
Un seul quartier administratif pour cette zone, la plus peuplée de Rennes, et composée de petits villages. Puisque c’est presque ainsi qu’on aurait envie de les appeler.
La même remarque pourrait être faite pour le quartier 10 qui regroupe Villejean, Beauregard, et la Lande du Breil. Ou le quartier 5 avec Les Gayeulles, Maurepas, Saint-Laurent, La Bellangerais, et La Motte-Brûlon.

Et que dire du quartier 9 ? Presque l’un des plus étendus de Rennes par sa superficie, l’un des plus dynamiques par son augmentation démographique forte, et dans lequel on retrouve les secteurs Arsenal-Redon, Cleunay, et la Prévalaye jusqu’au-delà de la rocade.
Je me permets d’ailleurs de faire part de mon étonnement face au traitement différencié qui a été réservé aux quartiers prioritaires de la ville. Pourquoi une élue ou un élu adjoint pour Bréquigny, Villejean, Maurepas, le Blosne ? et seulement une élue déléguée pour Cleunay ?

conseil-municipal-rennes-3

La vraie difficulté, quand on choisit de dimensionner les quartiers administratifs à cette échelle-là, est celle de la démocratie de proximité.

Comment maintenir avec les habitants un contact soutenu, informé, convivial aussi ? Comment mener une action politique au plus proche de leur quotidien ? Comment permettre des échanges plus nourris, plus de pédagogie, plus de participation citoyenne, pour éviter frustration, déception, défiance ?
En bref, comment faire comprendre à quoi nous servons, ce que nous faisons ici un vendredi soir de la mi-juillet, et ce serait le Graal, donner l’envie à nos concitoyens de suivre nos échanges ?

C’est donc un défi majeur qui nous attend. Dans le contexte, faut-il le rappeler, d’une abstention qui s’élève à plus de 68% aux dernières élections municipales. Ce sont 2 Rennais sur 3, et singulièrement les plus jeunes, qui ont choisi de prendre leurs distances avec la démocratie représentative.
L’indifférence, voire la défiance à l’égard de l’élu, et même à présent l’élu de proximité, doivent nous convaincre de la nécessité de penser un échelon local plus resserré, et de mailler notre territoire de manière plus fine.

Mme la Maire, chers collègues, vous l’aurez compris, notre groupe ne votera pas cette confirmation des périmètres de quartier. Nous appelons à la mise en place d’une réflexion, à laquelle nous sommes disposés à prendre part, afin de renouveler le découpage administratif de Rennes. Il faut faire vivre des quartiers de dimensions plus conformes aux enjeux de démocratie de proximité et de reconquête de la confiance. C’est urgent, et c’est vital.

Partagez cet article

Partager sur twitter