Samuel Paty

Samuel Paty, le courage d'enseigner.

C’est vraiment un choc d’apprendre l’assassinat de notre collègue d’histoire-géographie, et dans des circonstances aussi barbares.

Depuis hier je ne cesse de penser à sa famille, aux équipes éducatives dans son établissement, et à ses élèves. Je me demande comment on peut leur expliquer ce qui vient de se passer, comment on peut produire du sens sur cette horreur.

Impossible de l’oublier après cela: les enseignants sont en première ligne, chaque jour, dans leurs classes, pour apporter les lumières de la raison, pour conduire leurs élèves sur la voie de l’émancipation.
C’est un chemin long et sinueux, car il n’est pas facile d’apprendre à penser librement, à penser par soi-même, à penser dans un monde de nuances sans les béquilles des préjugés, des stéréotypes, des idéologies toutes faites.

Voltaire, engagé contre l’obscurantisme des religions, écrit en 1765 l’article « Liberté de penser » dans son Dictionnaire philosophique.
Il y donne la parole à Boldmind, libre penseur anglais, un personnage symbolique qu’il vient d’inventer, et qui apostrophe le craintif Medroso, soumis aux injonctions de l’Inquisition catholique :

« Il ne tient qu’à vous d’apprendre à penser ; vous êtes né avec de l’esprit ; vous êtes un oiseau dans la cage de l’inquisition ; le saint-office vous a rogné les ailes, mais elles peuvent revenir. Celui qui ne sait pas la géométrie peut l’apprendre : tout homme peut s’instruire : il est honteux de mettre son âme entre les mains de ceux à qui vous ne confieriez pas votre argent ; osez penser par vous-même. »

Oui, il en faut du courage pour oser penser par soi-même.
Et il en faut du courage pour oser enseigner à penser par soi-même.

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